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Carolina de Robertis – The gods of tango

Carolina de Robertis est née au Royaume-Uni en 1975, de deux parents uruguayens. Bien qu’elle ait grandi en Angleterre et vive aujourd’hui aux Etats-Unis (où elle enseigne la littérature et la traduction), C de Robertis fait de son pays d’origine, l’Uruguay, et/ou de l’Argentine, le décor de ses romans.
On m’a offert ce mois-ci The gods of tango (2015), son troisième roman, dont les traductions espagnole et française sont récentes : mai 2017 seulement pour Les Dieux du Tango (Le Cherche-midi).
Carolina de Robertis écrit en anglais, mais une littérature profondément latino-américaine par ses intrigues, ses thèmes, ses cadres spatio-temporels et ses influences littéraires.
The gods of tango se lit vite. La quatrième de couverture de la traduction française ne fait pas de mystère concernant la trame :
Pas plus que la bande-annonce créée par l’éditeur

Le suspense lié à l’itinéraire de cette jeune femme, travestie, musicienne de génie, se consacrant corps et âme à sa passion du tango n’est pas ce qui motive la lecture, car le succès est annoncé tout tracé par les seuils du roman. De Robertis parvient à éviter trop de longueurs tout en déployant des va-et-vient narratifs, analepses pour éclairer le passé des personnages secondaires et focalisation interne pour convoquer leur point de vue sur l’héroïne et en prenant le temps d’évoquer Buenos Aires et l’histoire du tango.
Je n’ai pas été transcendée mais ai lu le livre d’une traite, et c’était un moment plaisant.
Il faut reconnaître le courage de l’auteure qui va là où elle le souhaite en s’appropriant les codes pour créer un mélange inclassable : ce n’est ni un roman historique ni un roman d’amour mais l’ensemble emprunte aux deux sous-genres; ce n’est ni un roman choral ni réellement un roman d’apprentissage. Féministe ? Sûrement.
J’ai regretté que cette façon d’écrire bien à elle au croisement de plusieurs tendances sans s’inscrire réellement dans aucune reste parfois trop à la surface des choses sans approfondir, laissant un goût de littérature sentimentale. Ce livre effleure l’histoire du tango, mais sans vraiment lui donner corps.
J’ai cependant suffisamment apprécié l’ensemble pour m’intéresser à ses autres publications.
Ses autres publications:
Perla (2012) semble se situer dans l’Argentine de la dictature et faire une incursion dans le réalisme magique avec la très marquzienne question du cadavre d’un disparu réapparaissant sans explication logique dans le salon de l’héroïne. A lire !
The Invisible Mountain (2010) serait une saga familiale retraçant le parcours de mères et filles entre 1900 et 1960 en lien étroit avec l’histoire du Cône Sud. Voilà qui aiguise aussi ma curiosité.

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