Lecture : Dossier des Cahiers Pédagogiques « Intelligence artificielle et pédagogie »

Lien vers le numéro : Cahiers pédagogiques, 2024/4, n° 593 : Intelligence artificielle & pédagogie

Sommaire quasi complet, liste des articles lus :
Julie Higounet & Hean-Michel Zakhartchouk : « Comment répondre à un nouveau défi? »
Entretien avec Delphine Le Serre, « La machine et l’humain »
Paroles d’élèves : « Comment on faisait avant? »
Portrait de Bertrand Formet par Monique Royet : « Magique ou maléfique? »
JM Zakhartchouk, « Un débat à l’Académie des sciences »
Yann Houry : « Ce n’est pas qu’un vulgaire outil! »
Dominique Javel : « Un défi collectif »
Alexandra Maurice : « La question n’est pas la bonne, peut-être? »
Mickaël Bertrand : « Dépasser la crainte de la triche »
Réseau Canopé : « Former les acteurs »
Laetitia Ferreri & Marc Jamous : « Comment ça marche? »
Olivier Reggiani : « L’imagination de l’IA et celle des élèves
Marjorie Decriem : « Le rôle central des documentalistes »
Agnès Demornex, Sandra Lehmacher, Evelyne Viret-Couchoux : « Aide à l’apprentissage des langues »
François Clauzel, Abdessamed Hamdoun : « L’art du prompt, promptement! »
JM Zakhartchouk, « L’importance de savoir rédiger des consignes »
Julie Higounet, « Des outils et des prompts »
Julie Higounet, « Ia et IAG »
Mara Goyet, « Les robots ont-ils des émotions ? »
Marie Landi, « Une aide pour les devoirs de français »
Cécile Cathelin, « Un compagnon dans l’art du discours »
Fabienne Viktorovitch, « Même la poésie »
Sylvie Grau, « en maths, se poser les bonnes questions »
David Agostini, « être à la page en techno »
Emmanuelle Mendes, « Toutes ces compétences qu’on acquiert »
Romain Estampes, « Au service du développement durable »
Christofer Guers-Le-Guen, « Thymio écolo »
Fabien Lacroix, « Devenir coach avec ChatGPT »
Christine Carré & Cathy Marchessault, « Design thinking interdisciplinaire »

Comment répondre à un nouveau défi ?

  • Deux niveaux de changements avec l’IA : échelle micro (usage de chacun), échelle macro (évolution sociétale)
  • Remise en question du modèle de l’éducation et de nombreux autres modèles, et questionnement de ce qui différencie la machine de l’humain (en filigrane, la question de la valeur ajoutée de l’être humain par rapport à une tâche réalisée par la machine.
    « L’accent doit être mis sur les compétences humaines qui différencient l’être humain de la machine : l’esprit critique, l’intuition, la perception sensorielle, l’intelligence socioémotionnelle (gérer les émotions des autres en interaction avec les siennes), la créativité, l’imagination. C’est là que se situera la valeur ajoutée de l’être humain. Ces compétences-clés doivent être travaillées très tôt et devraient impliquer une adaptation du curriculum académique classique dès à présent, compte tenu des progrès fulgurants de l’IA. »
  • S’affranchir de la pensée instrumentale et repenser le rapport à la connaissance, la culture, le mode de vie  : le numérique est « un milieu plutôt qu’un outil »,  « penser technologie et pédagogie ensemble ».
  • Ne pas oublier la nécessité de régulation face aux risques (multiples)
  • Soutenir l’esprit critique à l’ère numériquedémystifier le numérique et faire comprendre les limites de l’IA : l’IA « n’a pas d’intention, ne crée pas mais produit, ne discrimine pas forcément le vrai du faux. »
  • Nécessité d’adapter les enseignements : « Comment poser des questions de réflexion plus personnelles et spécifiques, nécessitant des réponses que seul l’élève humain peut fournir, étayées par des exemples concrets? » Piste de se questionner sur « le processus d’apprentissage plus que sur le produit final » (développer l’esprit critique, se faire aider par la machine mais formuler avec ses propres mots, partager avec ses pairs.
  • « L’utilisation de l’IA exige un discernement. » Nécessité aussi de « montrer aux élèves comment se servir » de l’IA « à bon escient » et pas pour « réfléchir à leur place », de « prodiguer des conseils sur une utilisation responsable de ces outils qui doivent rester à cette seule fonction d’aide et d’assistance virtuelles pour la réalisation de travaux, de rester prudents et de l’utiliser de manière éthique ». « L’important est qu’ils engagent des discussions avec la machine sur la manière d’améliorer leur propre processus d’apprentissage afin de devenir de meilleurs apprenants, par exemple : « Comment pourrais-je m’améliorer ? Quels sont mes principaux atouts ? Mes faiblesses dans cet écrit ? Comment puis-je les surpasser ? Que me conseilles-tu ? »
  • « L’IA annonce-t-elle la fin des bibliothèques ? » Enjeu de plus en plus important de « renforcer l’éducation aux médias » : « Il ne s’agit pas de rajouter encore une nouvelle « éducation à » l’intelligence artificielle mais de proposer des situations d’apprentissages avec l’IA et de renforcer l’éducation aux médias qui intègre déjà une formation aux bases de l’IA (les usages citoyens du numérique), la manière dont fonctionnent les IAG (la question des sources des informations et des modalités de production) et leur utilisation à bon escient.

 

  • L’art du prompt :  ne pas être trop « prompt », ne pas faire du « prompt » un « synonyme de précipitation » mais une « invitation à la réflexion, à la précision et au dialogue ». « Importance de savoir formuler des consignes » ! Recommandations des stratégies suivantes
      • Contextualisation précise
      • Guidage (niveau de difficulté d’un exercice, style d’un texte, format souhaité, champ lexical à employer…) ou modelage avec des exemples
      • Tissage : construire sur les réponses antérieures, fournir des retours constructifs pour améliorer, développer
  • Faire utiliser l’IA comme coach : « quelles stratégies me proposes-tu pour m’améliorer ? », personnaliser les apprentissages…

Laisser un commentaire